Uncarina roeoesliana Werner Rauh (1996)

 

Plante endémique de Madagascar, plusieurs espèces d’Uncarina furent décrites par Henri Humbert, grand naturaliste notamment spécialiste de la flore de cette île, qui vécut de 1887 à 1967.

Une espèce est qualifiée d’endémique d’un territoire particulier si on ne la rencontre que dans cette région et qu’elle n’existe pas ailleurs. La flore mais aussi la faune de Madagascar présentent un degré élevé d’endémisme car elles sont sur une île isolée des terres depuis le début de sa séparation avec elles, plus de 160 millions d’années auparavant. Cet isolement géographique a ainsi participé à l’émergence d’une faune et d’une flore uniques au monde à Madagascar.

Le genre Uncarina fait partie de la famille des Pédaliacées. Les espèces de cette famille sont le plus souvent herbacées mais peuvent aussi être de petits arbres, c’est le cas par exemple des plantes du genre Uncarina. Leurs tiges (surtout les parties jeunes) sont couvertes de glandes les rendant gluantes lorsqu’elles sont mouillées.

Les fruits du genre Uncarina ont une curieuse morphologie : ils possèdent des crochets leur permettant de s’accrocher accidentellement aux animaux qui les effleureraient. C’est ainsi qu’ils sont disséminés.

Les fleurs du genre Uncarina peuvent être de différentes couleurs selon les espèces, celles d’Uncarina roeoesliana sont jaunes.

Par ailleurs, la base du tronc de ces plantes peut être renflée. Ce renflement nommé caudex permet de stocker de l’eau sous forme de sucs afin de pouvoir traverser les périodes de sécheresse.

L’espèce Uncarina roeoesliana fut décrite en 1996 par le célèbre botaniste allemand Werner Rauh qui était spécialiste des plantes succulentes. Le spécimen d’Uncarina roeoesliana que vous pouvez venir observer dans la serre aride du Jardin botanique fut récolté par les botanistes suisses Ralph Hoffmann et Walter Röösli. Le nom de l’espèce est d’ailleurs dédié à ce dernier, mondialement reconnu comme spécialiste des Pachypodium. Ce spécimen fut récolté non loin de Tolanaro dans la région de Fort Dauphin (Sud-Est de Madagascar) et rejoignit la serre en 2014.


 Bibliographie :
-Humbert, Henri. Flore de Madagascar et des Comores. Muséum national d’Histoire naturelle. Paris, 1971.
-Rauh, Werner. Succulent and Xerophytic Plants of Madagascar. Strawberry Press. Vol. 2. Mill Valley, 1998.
Sitographie :
-«Angiosperm Phylogeny Website». www.mobot.org/MOBOT/research/APweb/.
-«Un fruit diabolique adepte des gros sabots». Zoom Nature(blog), 30 septembre 2018. https://www.zoom-nature.fr/un-fruit-diabolique-adepte-des-gros-sabots/

 

Photos : ©Mélissa Portes

 

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