Jardins Botaniques du Grand Nancy et de l'Université de Lorraine



 

Bons baisers de Kiwi…

Le nom du genre Actinidia tire son origine du grec aktis (rayon) en référence aux styles de la fleur femelle qui s’étalent que les rayons d’une roue de vélo.

Les Actinidia, plus connus sous le nom de kiwis, sont des lianes dioïques, c.-à-d. que des pieds n’ont que des fleurs mâles et d’autres que des fleurs femelles. C’est pour cela qu’il est conseillé de planter 3 pieds d’une même espèce pour être à peu près sûr d’en posséder au moins un capable de fructifier. Les espèces cultivées pour la production de fruits sont A. deliciosa (A.Chev.) C.F.Liang & A.R.Ferguson et à moindre échelle A. chinensis Planch. L’espèce en photo sous cette publication est Actiniqa kolomikta (Maxim. & Rupr.) Maxim. ou Kiwi arctique. Cette espèce n’est pas recherchée pour ses fruits, toutefois comestibles et gros comme des grains de raisin, mais pour le changement de coloration de ses feuilles en cour de croissance, du blanc au rouge cramoisi en passant par le rose et le vert, etc. La plupart des espèces sont d’origine asiatique. Aujourd’hui, la France est devenue le 3ème producteur après l’Italie et la Nouvelle-Zélande.

Le nom de Kiwi est le résultat d’un coup commercial absolument génial qui devrait être enseigné dans toutes les bonnes écoles de commerce (si ce n’est pas encore fait). Au milieu du XXème siècle, un grossiste néo-zélandais envisage de conquérir le marché américain avec ses Groseilles de Chine. À cette époque aux États-Unis on est en pleine guerre froide et le Maccarthysme commence à faire des ravages considérables. Alors, s’appeler Groseille de Chine sur un étal de supermarché n’est pas franchement le nom le plus adéquat pour attirer le chaland. Autre problème, pour importer aux États-Unis il faut s’acquitter de droits de douane. En raison du nom du fruit, ceux-ci sont plus que prohibitifs. En effet, tous les fruits se terminant par berry sont surtaxés, pas de chance pour la Chinese grooseberry comme la Groseille de Chine se nomme outre-Atlantique. Les néo-zélandais ont alors l’idée de la rebaptiser : Melonette, dans le but déjà, de la rendre plus séduisante et de contourner les problèmes de taxations douanières. Pas de chance pour eux, les melons et fruits de la même catégorie sont tout autant taxés… C’est en juin 1959 que Jack Turner, patron d’un des plus importants grossistes de fruits d’Auckland, trouve la solution en proposant d’appeler les Groseille de Chine… Kiwi (Kiwi fruit exactement). Cela va résoudre tous les problèmes rencontrés depuis une dizaine d’année. L’origine chinoise du fruit disparaît, les complications douanières également car le mot « berry » s’est envolé. Autre coup de génie, le fruit ressemble en quelque sorte à l’un des animaux emblématique et iconique de Nouvelle-Zélande… Ne me dites pas que vous ne le reconnaissez pas ? Ben le Kiwi… évidemment. En même temps le Kiwi est un peu plus vendeur et fait moins peur que Souris végétale comme on peut aussi l’appeler… Non ?

Même chez nous, la « kiwi mania » va opérer, mais un peu plus tard… Au milieu des années 80, des accords commerciaux sont signés entre la France et la Nouvelle-Zélande, suite à des péripéties plus ou moins rocambolesques dans le port d’Auckland… Et les kiwis vont déferler dans les rayons fruits et légumes de nos supermarchés...

Consultez les archives des plantes du mois :

A, B, C, D, E, F, G, H, I, J, K, L, M, N, O, P, Q, R, S, T, U, V, W, X, Y, Z