Plante du mois

Myrmecodia tuberosa , Plante à fourmis

 
Origine : Asie du Sud-Est continentale à Nord Est de l’Australie

La faculté de la nature à nous surprendre par les diverses adaptations induites par les conditions environnementales n’a décidément pas de limites. Il en va ainsi des Myrmecodia : ces plantes appartiennent à la famille des Rubiacées, comme le caféier et les gardénias. Elles poussent de manière épiphyte sur les arbres du Sud Est asiatique, dans des conditions particulièrement extrêmes : insolation intense, chaleur continue, quasi-absence de substrat, racines à nu soumises au vent, précipitations éparses et périodes de sécheresse pouvant durer plusieurs mois suivant les régions. Autant dire que ces conditions de vie ne sont pas hospitalières !

Mais voilà, après des centaines de milliers d’années d’évolution, certaines plantes ont fini par présenter diverses adaptations leur permettant de résister à ces conditions extrêmes. La première est la présence d’un caudex, un renflement à la base de la tige qui permet à la plante de stocker l’eau pendant les périodes sèches, comme une plante succulente ! La seconde est particulière : ce caudex est naturellement parcouru de galeries, comme du gruyère, un labyrinthe ou… une fourmilière.

Et ça tombe bien ! Car les fourmis, absolument omniprésentes dans les tropiques, profitent largement de cet abri naturel déjà tout fait. Elles n’ont plus qu’à s’y installer tranquillement et faire leur vie. C’est là que la relation devient intéressante : les fourmis sont très territoriales, elles empêchent le moindre herbivore de s’attaquer à leur abri. Elles éliminent régulièrement les plantes grimpantes qui pourraient s’approcher des Myrmecodia ! La concurrence est alors éliminée…
De plus, leur simple présence est très utile à la plante. Les divers déchets que les fourmis laissent dans les galeries apportent l’azote nécessaire à sa croissance. Un engrais riche et continuellement disponible ! Et le mutualisme ne s’arrête pas là, car ce sont aussi les fourmis qui pollinisent les fleurs et dispersent les graines… Il semble qu’elles y trouvent de la nourriture bien évidemment, mais il n’est pas exclu qu’elles « jardinent » sciemment afin d’augmenter leur colonie…

À voir sur l’arbre des plantes myrmécophiles présent sur la tablette de la serre tropicale humide, ainsi que sur le Schefflera dans les escaliers entre la serre tropicale humide, tropicale aride et conservatoire.

Consultez les archives des plantes du mois :

A, B, C, D, E, F, G, H, I, J, K, L, M, N, O, P, Q, R, S, T, U, V, W, X, Y, Z